PORTRAIT – LISE ROUSSEL

La singularité de l’artiste : la peinture de Lise Roussel dans les coulisses de son atelier.

 

atelier

 

 

Lise est une artiste peintre qui vit et travaille à Lyon. Sa dernière exposition «Panorama» s’est tenue à la galerie Françoise Besson. Pour ce projet, Lise a expérimenté la sérigraphie sur bois dans l’atelier d’Olivier Bral.

 

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 CMJN , 2015 (82,5 x 147 cm acrylique, aquarelle, encre de Chine et collages sur papier.)

En pénétrant dans son atelier rue Bouteille, je suis séduite par le lieu aux murs bruts et blancs, aux colonnes massives qui supportent le plafond et ses hauteurs, par la lumière de la verrière qui se fond avec celle des néons, et le silence. Cet espace assez froid souligne justement les couleurs vives de Lise.

 

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Reflex2015 (105 x 150 cm, acrylique, aquarelle et encre de Chine sur papier ) 

Lise Roussel suit un parcours classique, elle peint et dessine depuis toujours et poursuit ses recherches plastiques en fréquentant les Beaux-arts de Saint-Etienne dont elle sort diplômée en 2006. «Waw, Dix ans déjà!» s’exclame-t-elle. Dix ans qu’elle expose et qu’elle crée sans interruption, qu’elle joue avec la peinture et le collage. Lise aime travailler le papier et le bois, beaucoup moins les toiles trop souples. Elle affectionne la peinture, le collage et le découpage, leur facilité d’assemblage, leur mouvance.

 

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Panorama2015 (sérigraphie sur bois, 18 exemplaires uniques)

Lise accroche ses compositions de papier directement sur les murs puis vient ajouter la couleur par touche, d’abord très diluées puis le contraste se crée à mesure que les couches s’amoncellent. Ses peintures sont lumineuses et complexes. Le regard se pose sur la couleur, sur les formes, puis il navigue entre ces deux composantes, tentant d’y déceler quelque chose de familier. On semble reconnaître un paysage, une fenêtre, une esquisse architecturale. On y distingue des formes connues, des «semblants de», des impressions, des «on dirait»… Mais l’on est libre de trouver ce que l’on veut dans les peintures de Lise : des idées nées d’impressions, de rencontres, de mémoires, qui s’amoncellent. Ce sont des émanations, des effluves de souvenirs, de lieux, de Lise.

 

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Panorama2015 (sérigraphie sur bois, 18 exemplaires uniques) (avec les sculptures de Myriam du Manoir)

Les peintures de Lise sont étroitement liées à sa personnalité. Elle peint pour peindre, comme un musicien joue pour jouer. La démarche est à la fois personnelle et primaire, altruiste et complexe, et l’inspiration, trop romantique à son goût, a peu de place dans cette démarche créatrice. Le processus de création naît plus d’une envie, d’une énergie, d’un jeu, d’idées qui viennent se condenser dans la peinture. La peinture pour la peinture, la couleur pour le contraste, pour l’équilibre, pour la profondeur des compositions. La peinture sensible, celle d’une personnalité qui ne saurait se cacher derrière des concepts ou des aspirations trop conceptuels.

 

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Panorama2015 (sérigraphie sur bois, 18 exemplaires uniques)

L’artiste ne serait-il qu’une simple personne? Eh bien oui. L’artiste est avant tout une personne qui travaille et qui produit une oeuvre visuelle. D’après Lise, la peinture et la musique ont beaucoup de similitudes dans leur composition, mais la peinture étant visuelle, elle demande un peu plus de temps pour être appréhendée. Lorsqu’on écoute un morceau on est immédiatement plongé dans un univers, une ambiance.  Pour apprécier l’abstraction de Lise c’est le meme procédé: il faut s’attendre à une expérience, visuelle celle-ci, sans chercher à tout prix à la décortiquer, à en saisir le sens. Le sens c’est la peinture en-elle même. Comme la musique se suffit à elle-même. La peinture qui nourrit les sensations, les yeux, et qui nous fait entrer dans un univers très particulier, celui d’une personne, qui a ses influences, sa singularité et qui offre les fruits de son travail et de sa réflexion.

 

 

 

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Tondo2015 (69,5 x 62,5 cm, acrylique, encre de Chine et collage sur papier)

 

En parlant de ses influences, Lise cite les gouaches découpées de Matisse, l’énergie du peintre AR Penck et du courant CoBrA, la mise en perspective des installations sculpturales de Stephan Balkenhol, les contrastes et la puissance du geste de Hans Hartung, ou encore la simplicité des aquarelles de David Hockney.

 

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CMJ2015 (150 x 105 cm, acrylique et collages sur papier)

 

Pour en savoir plus sur la peinture de Lise Roussel et sur ses projets à venir, c’est par ici :

www.liseroussel.com