(VIEIL) ARTICLE « OLD SCHOOL », LES LEGENDES DU GRAF S’EXPOSENT A LA GALERIE SLIKA

JonOne. Crash. Daze. Keith Haring. Sharp. A-One. Henry Chalfant. Les légendes du graff New Yorkais de la vague Old School s’exposent dans la petite galerie du quartier bourgeois d’Ampère. Ampère le quartier des antiquaires, des galeries pointues, aux rues pavées et aux immeubles cossus. Point de graffitis, point de coulures sur les jolis murs blancs du très sage arrondissement. Heureusement, les joyaux transgressifs exposés à la galerie rehaussent les tons. Pousser la porte de Slika c’est retourner aux sources du mouvement Old School et ironiquement, découvrir des œuvres qui n’auraient pas voyagées si le marché de l’art ne s’était pas immiscé entre le spectateur et le mur.

New York, début des années 80. Sur les rames du métro, des bouts d’espaces publics, le graff s’octroie un champ libre d’expression. « Le métro, c’est un musée qui traverse la ville. » dira JonOne. La vague « Old school » inonde les rues newyorkaises des le début des années 70 jusqu’à la fin des années 80 et acquiert une réelle dimension esthétique. Le graff revendique, il habille, il interpelle et s’exprime partout sur l’interface urbaine. Il dénonce autant qu’il paraît mais s’inscrit avant tout dans un mouvement contestataire : il s’expose dans la rue refusant les diktats élitistes du marché de l’art. L’expression est libre et offerte à tous. Cette vague Old School à l’ambition de déplacer les frontières de la culture officielle en proposant un discours alternatif et puissant. Ce sont ces artistes de la première génération que l’on retrouve à la galerie Slika, les pionniers du mouvement Old School. L’origine.

Les toiles présentées sont un témoignage du bouillonnement culturel caractéristique de cette époque. A la galerie, les graffeurs ont troqués leurs tenues de vandales contre l’apparat de l’artiste, les murs comme terrains de jeu, contre de petits formats mais l’énergie est bien là. L’absence de vide, l’accumulation. Les mouvements sont fluides, frénétiques, incisifs. Les couleurs franches, brutes, vivantes. Les toiles exposées sont des archives d’une exceptionnelle modernité, qui malgré l’évolution dans l’histoire de l’art et du marché de l’art, offrent la même facilité de lecture et d’interprétation que dans la rue. Point d’élitisme à la galerie Slika, mais les portes ouvertes sur l’histoire.